Rassegna stampa

Quelle est la responsabilité des chercheurs, des journalistes et des politiques dans la « culture de l’ignorance » ?

Fonte: Le Monde
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Raison Présente, la revue de l‘Union Rationaliste a publié dans sa dernière livraison un copieux dossier sur «la culture de l’ignorance». Derrière cet apparent jeux de mots se trouve une interrogation ainsi résumée par les deux co-ordinateurs du dossier, le philosophe Mathias Girel (1) et la physicienne Michèle Leduc (2) : «De même qu’il est fructueux de se demander comment et pourquoi nous savons ce que nous savons, il est instructif de réfléchir à ce que nous ne savons pas. Nous pouvons ignorer parce que nous n’avons pas encore de réponse à nos interrogations, parce que nous n’arrivons pas encore à formuler de bonnes questions, parce que nous n’avons pas pu mener de recherche aboutie à ce sujet, mais aussi parce que nous sommes détournés de savoir, que ce soit par des biais, par des tabous, ou par l’action concrète de collectifs qui cherchent à se protéger de vérités dérangeantes. On peut ignorer ce que d’autres savent, ou bien être tous réunis dans une même ignorance provisoire. Tous les cas étudiés dans la littérature sur l’ignorance sont un paradoxal hommage à l’autorité du vrai : s’émouvoir d’une absence de savoir, parcourir les limites de la connaissance existante mais aussi analyser la science « contraire », les tentatives de « capture » d’expertise ou de publication, tout cela n’a de sens que dans un univers où la science, celle qui prouve, qui explique et qui prédit, reste une valeur dominante.»

Parmi les articles de ce dossier Mathias Girel s’intéresse à «la création stratégique de l’ignorance, utilisée pour brouiller les connaissances existantes». C’est à dire à l’agnotologie, cette étude de l’action dévastatrice «des marchands de doute, entretenu par les détenteurs du pouvoir politique avec l’occultation de la vérité sur les catastrophes naturelles, les dangers environnementaux de la pollution, les risques des médicaments ou des pesticides en agronomie, etc.»

1. Mathias Girel est maître de conférences, directeur des études du département de philosophie à l’ENS, membre du Centre Cavaillès et directeur du CAPHES (CNRS-ENS). Il est en particulier l’éditeur de la version française de l’ouvrage de Robert Proctor, Golden Holocaust, Paris, Les Equateurs, 2014, en rapport avec le thème de la construction délibérée de l’ignorance, et auteur de Science et Territoires de l’ignorance, Paris, Quae, 2017.

2. Michèle Leduc est physicienne, directrice de recherche CNRS émérite au laboratoire Kastler-Brossel à l’ENS, membre du COMETS (comité d’éthique du CNRS) et directrice de la collection « Savoirs Actuels » (EDP Sciences et CNRS Éditions).

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Voici ci-dessous, avec l’autorisation de la revue Raison Présente,  ma contribution à ce dossier, avec un article pointant une dimension peu souvent traitée, la responsabilité individuelle de trois catégories d’acteurs sociaux impliqués dans la diffusion des savoirs et la construction sociale de l’ignorance : scientifiques, journalistes, responsables politiques (les illustrations sont ajoutées à la version publiée).

La construction de l’ignorance sociale procède pour l’essentiel de mécanismes collectifs. Intérêts économiques et financiers, stratégies politiques, aveuglements communs sur la base d’idéologies partagées ou de processus psychologiques classiques… Il y a là matière et sujets de nombreux travaux scientifiques et universitaires. Toutefois, un aspect demeure peu traité, celui de la responsabilité individuelle des acteurs sociaux concernés par cette construction aux effets délétères sur la santé politique de nos sociétés. Il est vrai que le « name and shame » ne fait guère partie des traditions européennes, et encore moins de la communauté scientifique ou médiatique. Suivent quelques réflexions d’un praticien.

En 2009 était publiée, comme chaque année depuis 2000, une enquête sociologique de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) auprès des Français sur le changement climatique (1). Parmi les questions posées quelques mois auparavant, l’une leur demandait :

A votre avis, lorsque l’on parle aujourd’hui du réchauffement de l’atmosphère terrestre dû à l’augmentation de l’effet de serre est-ce plutôt ?

  • une certitude pour la plupart des scientifiques
  • une hypothèse sur laquelle les scientifiques ne sont pas tous d’accord

Cette année-là, 70% des Français choisirent la première et bonne réponse, et seulement 28% la seconde et mauvaise. En 2010, à la même question, seuls 51% des Français cochaient la première réponse, et 45% la seconde. Six ans plus tard (1), en 2016, les pourcentages étaient respectivement de 59% et 41%, alors que les faits scientifiquement établis, comme l’observation de l’évolution du climat planétaire, avaient non pas affaibli mais à l’inverse renforcé le diagnostic des climatologues entre 2009 et 2016, comme le soulignait la publication en 2014 du cinquième rapport (2) du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du climat).

L’ignorance au sens propre

Il est bien sûr possible de trouver, dans le corps même de l’enquête de l’ADEME, des raisons structurelles à ces réponses qui peuvent déconcerter les scientifiques, puisque les rapports du GIEC, depuis 1990, sont censés avoir transmis aux gouvernements et aux populations leur diagnostic de l’évolution du climat. Ces raisons structurelles relèvent d’une autre sorte d’ignorance que celles traitées dans ce numéro de Raison Présente. Il ne s’agit pas de l’ignorance construite délibérément par la négation du savoir constitué dans le cadre de stratégies sociales à buts financiers ou idéologiques, mais simplement de l’ignorance au sens commun du terme, celle qui fait qu’un enfant d’école primaire ne sait pas résoudre une équation du second degré.

Les traces de cette ignorance « simple » sont claires dans cette enquête. Ainsi, seule une petite minorité de Français répond correctement aux questions leur demandant d’expliquer ce qu’est l’effet de serre. Plus amusant, ou plutôt ironique au pays de l’électronucléaire massif, 54% des Français sont persuadés que les centrales nucléaires contribuent beaucoup ou assez (et non peu ou pas du tout) à l’effet de serre.

Ces deux points, surtout le second, ne font pas vraiment l’objet de campagnes visant à construire une ignorance sociale. On pourrait donc imaginer qu’il y a là – dans cette ignorance de ce qu’est l’effet de serre dans sa représentation la plus simple – une explication majeure, pérenne et stable, à ce taux élevé de Français estimant qu’attribuer le réchauffement de l’atmosphère à l’augmentation de l’effet de serre n’est qu’une hypothèse sur laquelle les scientifiques ne sont pas tous d’accord.

Un basculement mesurable par la sociologie

Mais comment, alors, expliquer le bond de la mauvaise réponse en 2010, au point que, six ans après, les mauvaises réponses demeurent plus élevées qu’en 2009 ? Il faut manifestement invoquer un événement susceptible d’avoir influencé l’opinion publique, capable de provoquer un tel basculement perceptible et mesurable par les techniques de la sociologie. Cet événement est connu : c’est la campagne climato-sceptique conduite, pour la France, par Claude Allègre et Vincent Courtillot.

Les sociologues spécialistes de la communication ont souvent prétendu que les moyens médiatiques de cette campagne étaient modérés, que la plupart des articles de presse consacrés au sujet sur cette période ne reprenaient pas les thèmes climato-sceptiques (3). Il y a là, probablement, une erreur de mesure. Elle consiste non pas pour l’essentiel à mal mesurer le nombre d’exemplaires vendus du livre de Claude Allègre (L’imposture climatique, plus de 100 000 exemplaires), ou l’audience des émissions de télévision et de radio où les deux personnages ont pu s’exprimer, ou l’effet du soutien affirmé par des journaux comme Le Point, ou encore la fréquentation des sites internet climato-sceptiques.

En réalité, l’erreur consiste à croire que l’efficacité argumentative se mesure à la quantité de papiers ou au nombre de minutes à la télévision. Or, auprès d’une population ne maîtrisant pas les données scientifiques de base d’un sujet, un mensonge simple sera toujours beaucoup plus efficace qu’une explication honnête d’une vérité complexe, fondée sur une science a priori hermétique, comme toutes les sciences (si elles ne l’étaient pas, tous les étudiants auraient 20 sur 20 en physique, chimie, maths, biologie ou géologie, en première année d’université). Les mêmes sociologues n’ont aucune explication alternative à opposer à celle avancée ici pour éclairer l’évolution brutale de l’opinion publique révélée par l’enquête de l’ADEME. Il ne s’est rien passé d’autre sur ce sujet en 2010, les décisions de la COP-15 relevant de la politique et non d’un discours sur la science du climat et ne marquant d’ailleurs pas d’inflexion relativement à la période précédente. On peut même relever qu’en 2010 les discours de la plupart des responsables politiques français, dont celui du Président Nicolas Sarkozy, ne faisaient montre d’aucune défiance vis à vis du diagnostic scientifique.

Dénoncer la falsification

La responsabilité de Claude Allègre et de Vincent Courtillot est donc clairement engagée dans cette évolution, qui ne peut que freiner la prise des décisions nécessaires pour affronter le dossier du changement climatique, tant pour atténuer sa menace que pour s’adapter aux changements inéluctables. A-t-elle été dénoncée avec des mots suffisants ? J’ai pu vérifier à quel point il était difficile, pour la plupart des spécialistes du climat, d’utiliser les mots durs mais vrais pour qualifier leurs discours. Même lorsque Claude Allègre est pris la main dans le sac d’une falsification grossière de données scientifiques publiées dans une revue à comité de lecture, il faut insister lourdement pour que les mots soient prononcés.

Graphique fourni par Mr Grudd pour Libération. La partie en noir est la reproduction du graphique falsifié publié dans son livre par Claude Allègre, la courbe rouge est la véritable courbe publiée par Mr Grudd dans Climate Dynamics. On distingue clairement la falsification opérée par Claude Allègre pour la période après 1900 (la courbe du CO2 est carrément fantaisiste).

Pour la petite histoire, la dénonciation de la falsification par la première victime – le paléo-climatologue suédois Hakan Grudd, auteur de la courbe falsifiée – n’a pas été si facile que cela à obtenir (4). Il m’a fallu activer l’intervention en chaîne d’un professeur au Collège de France et d’une scientifique suédoise pour qu’ Hakan Grudd accepte de faire ce geste public.

Lorsque Vincent Courtillot publie, deux fois de suite, un calcul grossièrement erroné de la comparaison de l’effet climatique d’une variation d’activité solaire et d’une intensification de l’effet de serre (erreur qualifiée à juste titre de Terre noire et plate, car le calcul « oublie » la rotondité de la Terre et son albédo), aucun scientifique ne demande la rétraction des articles publiés dans EPSL (5), ce qui serait pourtant une issue normale dans un tel cas, d’autant plus que dans ces mêmes deux articles, l’auteur publie un graphique où les courbes multiplient les erreurs de référencement et de paramètres géophysiques représentés. Récemment, des articles de biologistes ont été rétractés pour avoir « poussé » un peu des illustrations afin d’en renforcer la démonstration. Le pêché n’était pas véniel, mais clairement moins grand que pour les article dont Vincent Courtillot était signataire.

La pusillanimité de la communauté scientifique dans cette affaire est peu compréhensible et n’a pas aidé les journalistes qui le souhaitaient à faire correctement leur métier. C’est seulement après le succès de l’initiative d’une pétition (7) – lancée d’ailleurs plus par les quadragénaires de laboratoires des sciences du climat que par les chefs de file – que nombre de journalistes ont pu plaider avec succès auprès de leurs rédactions en chef la cause du respect de la vérité scientifique contre la volonté de « monter en épingle » un faux débat, démarche classique et commerciale pour une presse dirigée par des journalistes issus en général des services politiques.

La responsabilité des journalistes

Il serait toutefois peu efficace de limiter le « name and shame » aux scientifiques coupables de déformer la méthode et les résultats de la science auprès du grand public. L’effet de ces actes aurait été bien moindre sans le relais, et l’appui, de personnes en situation de pouvoir et de responsabilité dans les médias. Ainsi, il n’est pas possible de comprendre l’audience du discours climato-sceptique sans se remémorer le passage de Vincent Courtillot au Journal Télévisé (JT) de 20h de France-2, le 9 novembre 2009 (8). A la demande faite expressément par David Pujadas, présentateur mais aussi rédacteur en chef du JT, un montage oppose artificiellement Jean Jouzel et Vincent Courtillot. Il est présenté par David Pujadas comme un exemple de ce que «les scientifiques ne sont pas tous d’accord», alors que «la température est stable depuis dix ans sur Terre» insiste t-il. Dans ses interventions, Vincent Courtillot multiplie les erreurs, affirmant ainsi que le rythme de la montée du niveau marin n’a pas varié depuis le début du 20ème siècle – or il a au moins doublé (9) d’après les spécialistes du LEGOS (Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales) à Toulouse – ou que la température planétaire suit le rythme des cycles de onze ans du Soleil, ce qui est tout simplement faux.

Dans cette affaire, la responsabilité personnelle de David Pujadas est écrasante, car il a fait réaliser cette double interview contre l’avis du journaliste spécialisé en sciences de la rédaction. Niant la compétence professionnelle de son collègue, il a confié cette interview à un autre journaliste et commandé un montage avec une orientation dont le résultat final témoigne. Or, rien ni personne n’a exigé de David Pujadas qu’il prenne cette décision ; elle lui revient entièrement et sa carrière n’eut pas été sensiblement différente s’il ne l’avait pas prise. S’explique-t-elle uniquement par l’incompétence du rédacteur en chef ? Par la volonté de dicter un résultat d’enquête avant qu’elle ait eu lieu (péché répandu) ? Ou par l’idée qu’en s’écartant d’une « doxa » – un discours consensuel – il ferait la preuve de son originalité ? Il est difficile de le savoir, mais aucune de ces explications possibles ne peut atténuer sa responsabilité personnelle.

Abandon des principes déontologiques

La même démonstration pourrait être faite pour l’émission de Guillaume Durand sur la chaîne de télévision France-5, qui déroula le tapis rouge à Claude Allègre. Ceci s’est reproduit avec des animateurs à la radio, ainsi qu’à la rédaction en chef de l’hebdomadaire Le Point qui dût, là aussi, écraser la compétence professionnelle du journaliste spécialisé en sciences de l’équipe rédactionnelle, ce qui se termina par un refus de signature – geste révélateur d’un grave problème déontologique. Ces réalités interrogent la responsabilité personnelle des journalistes, le fonctionnement des rédactions, les raisons de tels dérapages, souvent en relation directe ou indirecte avec l’évolution des structures économiques d’une presse aux abois. Parmi les signes indubitables de cette crise, il faut relever la diminution du nombre de journalistes en activité, révélée par le nombre de cartes de presse distribuées par la CCIJP (Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels) : après avoir atteint un pic à 37 390 en 2009, le nombre n’est plus que 35 047 en 2017 (10). Cette chute, dans une société qui se veut « de la connaissance », renforce la remarque de Pierre Bourdieu sur ces journalistes forts collectivement mais faibles individuellement. Le contexte socio-économique pèse sur les individus, favorise les conduites de soumission et l’abandon des principes déontologiques.

L’exemple du dossier climatique n’est qu’un parmi d’autres où la négation des résultats et des méthodes de la science est grosse de périls pour la société. Lorsqu’on apprend que des scientifiques ont accepté contre rémunération de jouer les  auteurs fantômes  pour le compte d’industriels comme Monsanto sur des sujets liés à la santé publique, on ne peut que frémir, et s’interroger sur le peu de réaction des communautés scientifiques concernées. Lorsqu’on lit attentivement les articles consacrés à une publication scientifique qui fait la «une », on est un peu effaré de constater que plus de 95% des auteurs de ces articles n’ont manifestement pas lu la publication en question : c’est par exemple le cas pour celle par laquelle Gilles Eric Séralini affirmait avoir démontré l’effet sanitaire dévastateur du Round Up et du maïs modifié pour supporter le glyphosate. Le débat public en cours sur la vaccination est ainsi pollué par des prises de paroles de quelques scientifiques, eux aussi bénéficiant d’une exposition médiatique efficace et démesurée, qui n’hésitent pas à diffuser des idées fausses sur ce sujet majeur pour la santé publique, avec des résultats qui pourraient être dévastateurs. Mais, sur ce sujet, des professionnels soucieux de leurs responsabilités sociales peuvent agir avec efficacité comme le montrent les articles des Décodeurs du Monde sur les vaccins (11).

Décourager les menteurs

L’éclairage que je propose de ce sujet – la construction de l’ignorance – pourrait sembler anecdotique, faire trop de cas d’une approche « sartrienne », fondée sur la responsabilité individuelle, au détriment des ressorts collectifs des évolutions de la conscience commune. Je n’aurais garde d’en faire le moteur principal de ces évolutions. Le premier facteur demeure l’ignorance « simple » – la chose au monde la plus partagée –, et non pas le bon sens, comme le croyait Descartes, lequel bon sens est rarement efficace pour comprendre les phénomènes naturels et constitue la base sur laquelle s’édifie l’ignorance construite, expliquant sa force.

Parmi les moteurs à identifier, la responsabilité des dirigeants politiques est majeure. Pas seulement lorsque, comme Nicolas Sarkozy lors de sa tentative ratée de gagner la primaire de la droite pour l’élection de 2017, ce dernier s’est mis à virer climato-sceptique, à rebours de son discours en 2009, en espérant rallier des votes conservateurs. Plus profondément, les sociologues ont démontré comment le discrédit du personnel politique rejaillit sur toute parole « officielle », même lorsqu’elle provient d’un processus d’expertise aussi compétent et sincère que celui du GIEC. Lorsque des élus jettent le doute sur des expertises correctement conduites, comme celles de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire) et de l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) sur les défauts de la cuve de l’EPR, le débat public devient impossible. Ceci est d’autant plus dommageable que tous les systèmes d’expertise publique ne sont pas parfaits, voire peuvent se révéler gravement défaillants, comme l’a montré l’exemple récent du Mediator, ou bien ne sont pas utilisés par les pouvoirs publics pour gérer les risques sanitaires, comme dans la crise de l’amiante. Pour corriger les processus d’expertise défaillants, il est nécessaire de soutenir et de s’inspirer de ceux qui fonctionnent correctement. C’est pourquoi il faut condamner fermement toute parole politique qui récuse une expertise correctement réalisée.

Toutefois, s’il semble impossible d’agir rapidement et avec succès sur le niveau d’éducation des populations, la diffusion des savoirs scientifiques ou sur le fonctionnement de nos systèmes politiques et les comportement des dirigeants  – bien qu’il y a là des combats décisifs, de longue durée, pour le progrès social et humain – l’action contre les fabricants d’ignorance ne doit pas être négligée. Et l’efficacité de cette action suppose, à mon avis et d’expérience, de ne pas hésiter devant la douloureuse nécessité du « name and shame ». Pour que ce processus soit efficace, il doit bien entendu éviter l’argument  ad hominem. Ce ne sont pas les individus en tant que personnes humaines qui sont ainsi combattues, mais uniquement leurs discours et uniquement en ce qu’ils ne respectent pas les résultats et les méthodes de la science. Cette action doit se mener au nom des valeurs de la recherche scientifique, des valeurs du journalisme comme acteur de la démocratie, et de la démocratie tout court lorsque ce sont des responsables politiques qui sont en cause. Il faut s’y résoudre : décourager les menteurs ne peut s’obtenir que si le prix à payer pour le mensonge est assez élevé. La communauté scientifique doit dénoncer clairement le mensonge public lorsqu’il est le fait d’un de ses membres. La pétition des climatologues en est un bon exemple, l’attitude de la direction de l’Académie des sciences un très mauvais… Pour les journalistes, il s’agit de ne pas encourager la promotion de ceux qui donnent aide et support aux scientifiques coupables de déformer la science. Quant aux responsables politiques, seuls les électeurs peuvent les sanctionner efficacement…

  1. http://www.ademe.fr/representations-sociales-leffet-serre-rechauffement-climatique sous la direction de Daniel Boy, CEVIPOF
  2. http://www.ipcc.ch/report/ar5/wg1/
  3. http://www.inatheque.fr/medias/inatheque_fr/fonds_audiovisuels/utilisation_des_fonds/rapport_gis_climat_ifp2012.pdf
  4. http://sciences.blogs.liberation.fr/2010/03/23/claude-allegre-accuse-de-falsification-par-hakan-grudd/
  5. https://www.researchgate.net/publication/222817231_Are_there_connections_between_the_Earth’s_magnetic_field_and_climate pour celui de 2007.
  6. Voir le Comment d’Edouard Bard http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0012821X07006140
  7. http://sciences.blogs.liberation.fr/2010/04/01/climat-400-scientifiques-signent-contre-claude-allegre/
  8. http://sciences.blogs.liberation.fr/2009/11/16/climat-france2-derape/
  9. https://www.aviso.altimetry.fr/fr/donnees/produits/produits-indicateurs-oceaniques/niveau-moyen-des-mers.html
  10. http://www.ccijp.net/article-33-cartes-attribuees-en.html
  11. http://abonnes.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/08/01/comment-les-vaccins-ont-durablement-fait-reculer-les-maladies_5167442_4355770.html

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